DIB (déchets industriels banals) : définition, exemples et obligations des entreprises à Marseille

Cartons, palettes, mobilier de bureau, emballages plastiques : chaque entreprise produit des DIB, souvent sans le savoir. Ce que recouvre ce terme, ce que la loi impose et comment organiser leur collecte à Marseille.

Les DIB, ou déchets industriels banals, sont les déchets non dangereux produits par les entreprises, les commerces, les artisans et les administrations. Ils ressemblent souvent aux déchets d'un foyer (papier, carton, bois, plastique, métal, verre), mais ils sont soumis à des obligations spécifiques parce qu'ils sont produits dans le cadre d'une activité professionnelle. Le terme est un peu daté, la réglementation parlant désormais de déchets d'activités économiques non dangereux, mais c'est toujours celui qu'emploient la plupart des professionnels.

Qu'est-ce qu'un DIB exactement ?

Un DIB est un déchet issu d'une activité économique qui ne présente aucune caractéristique de danger : il n'est ni toxique, ni inflammable, ni corrosif, ni infectieux. Il peut provenir d'une usine, mais aussi d'un bureau, d'une boutique, d'un restaurant, d'un cabinet ou d'un chantier.

Concrètement, on range dans cette catégorie les papiers et cartons, les emballages plastiques et le film étirable, les palettes et le bois non traité, les métaux, le verre, les textiles, le polystyrène d'emballage, le mobilier de bureau usagé, ainsi que les déchets alimentaires non souillés. Autrement dit, l'essentiel de ce qu'une entreprise tertiaire ou commerciale jette au quotidien.

Quelle différence entre DIB, DIS et DAE ?

Les DIS, pour déchets industriels spéciaux, sont l'inverse des DIB : ce sont les déchets dangereux produits par les entreprises. On y trouve les solvants, les huiles usagées, les peintures, les produits chimiques, les batteries, les tubes fluorescents ou les déchets souillés par ces produits. Aujourd'hui, la réglementation parle simplement de déchets dangereux, avec une traçabilité renforcée par bordereau de suivi.

Les DAE, ou déchets d'activités économiques, désignent l'ensemble des déchets produits par les professionnels, qu'ils soient dangereux ou non. Les DIB en forment donc la partie non dangereuse. Certaines catégories suivent par ailleurs des filières à part, même quand elles ne sont pas classées dangereuses : c'est le cas des équipements électriques et électroniques, présentés dans notre guide du recyclage des DEEE professionnels, ou des déchets de soins, traités dans notre article sur les DASRI des cabinets et cliniques.

Quelles sont les obligations des entreprises pour leurs DIB ?

Le principe de base est posé par le Code de l'environnement : toute entreprise qui produit des déchets en est responsable jusqu'à leur élimination ou leur valorisation finale. Confier ses DIB à un prestataire ne dégage donc pas l'entreprise de sa responsabilité si ce prestataire n'est pas en règle.

Deuxième obligation, le tri à la source. Depuis le décret dit « 5 flux », élargi depuis à de nouvelles matières, les entreprises doivent séparer le papier et le carton, le métal, le plastique, le verre et le bois, auxquels se sont ajoutés la fraction minérale, le plâtre, les textiles et les biodéchets. Le détail des seuils, des matières et des échéances figure dans notre guide opérationnel du décret 5, 7 et 8 flux.

Troisième obligation, la traçabilité. Les producteurs de déchets professionnels doivent tenir un registre chronologique qui indique la nature, la quantité et la destination de chaque flux. Le prestataire de collecte doit, de son côté, fournir chaque année une attestation précisant les quantités collectées et leur devenir. En cas de contrôle, ces documents sont la seule preuve que l'entreprise respecte ses obligations, et un manquement expose à des sanctions administratives et pénales.

Peut-on mettre ses DIB dans les poubelles de la ville ?

Pour de petits volumes, assimilables à ceux d'un foyer, certaines collectivités acceptent de collecter les déchets des professionnels, généralement contre une redevance spéciale. Au-delà, l'entreprise doit organiser elle-même la collecte de ses déchets. Et dans tous les cas, déposer des cartons, des palettes ou des sacs de déchets professionnels sur le trottoir sans solution prévue revient à un dépôt sauvage.

Les déchetteries professionnelles constituent une autre option, payante, pour les entreprises qui peuvent transporter leurs déchets. Leur capacité reste toutefois limitée sur le territoire marseillais, comme nous l'expliquions dans notre article sur les déchetteries professionnelles saturées à Marseille. Pour une production régulière, la collecte par un prestataire reste la solution la plus fiable.

Comment organiser la collecte de ses DIB à Marseille ?

La première étape consiste à savoir ce que l'on produit, en quelle quantité et à quel rythme. Un inventaire rapide sur quelques semaines suffit souvent à révéler que deux ou trois flux, typiquement le carton, le papier et le plastique, représentent l'essentiel du volume. Notre méthode d'audit des déchets en entreprise détaille cette démarche en cinq étapes.

Vient ensuite le choix du prestataire. Il doit être déclaré pour la collecte et le transport de déchets, fournir des bons d'enlèvement et l'attestation annuelle, et être capable de dire précisément où partent les matières. Le mélange de tous les DIB dans une seule benne coûte généralement plus cher, parce que les déchets en mélange doivent être retriés avant d'être valorisés, alors que les flux triés à la source, comme le carton ou le papier, sont plus faciles à recycler.

À Marseille, plusieurs acteurs proposent des collectes adaptées aux TPE et PME. Valtri Environnement, par exemple, collecte les papiers et cartons, le polystyrène et le mobilier professionnel, avec un tri orienté vers la valorisation locale. Quel que soit le prestataire retenu, l'essentiel est d'obtenir une solution qui correspond à vos volumes réels, avec une fréquence de passage adaptée et une traçabilité complète.

Questions fréquentes sur les DIB

Que veut dire DIB ?

DIB signifie déchets industriels banals. Il désigne les déchets non dangereux produits par les entreprises, les commerces et les administrations : papier, carton, bois, plastique, métal, verre ou textile.

Quelle est la différence entre un DIB et un déchet ménager ?

La nature du déchet peut être identique, par exemple un carton. La différence tient à son origine : un déchet produit par une activité professionnelle relève de la responsabilité de l'entreprise, qui doit en organiser la collecte, le tri et la traçabilité.

Le bois et les palettes sont-ils des DIB ?

Oui, le bois non traité et les palettes sont des DIB. Le bois traité avec des produits dangereux, comme certains bois de charpente ou traverses, relève en revanche des déchets dangereux.

Une petite entreprise doit-elle trier ses DIB ?

Oui. L'obligation de tri à la source s'applique à toutes les entreprises, avec des modalités qui varient selon la taille et le volume produit. Même un commerce ou un bureau de quelques personnes est concerné, au moins pour le papier et le carton.

Qui paie la collecte des DIB ?

C'est l'entreprise productrice, soit directement auprès d'un prestataire privé, soit sous forme de redevance spéciale si la collectivité accepte de collecter de petits volumes. Le tri à la source permet souvent de réduire la facture, certains flux comme le carton ou le papier ayant une valeur de revente.

Mal connus, les DIB représentent pourtant l'essentiel des déchets de la plupart des entreprises. Bien triés et bien tracés, ils cessent d'être une contrainte pour devenir des matières premières, et parfois une petite économie.

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